اهل السهوب

ce forum parrainé par l'association pour la protection et l'amélioration de l'environnement de MECHERIA est destiné à recevoir toutes les informations, suggestions, réflexions, remarques et idées sur l'environnement dans les zones arides


    haouch

    Partagez
    avatar
    Admin
    Admin

    Messages : 202
    Points : 591
    Réputation : 1
    Date d'inscription : 28/04/2010

    haouch

    Message par Admin le Lun 16 Sep - 9:37

    DE HAOUCH KRAISSA A HAOUCH FRAIGAA
    EPATANT, CE TEMPS PLAISANT NOSTALGIQUE EN CES                                                                                                                                                                          
    MAISONS RUSTIQUES D’ANTAN ET POURTANT

                                                   « TRIGUE, TRIGUE », par ces mots cadencés  répétés plusieurs fois d‘une voix tonnante à l’annonce de l’arrivée d’un des cinq locataires de HAOUCH FRAIGAA, juste à l’entrée de la porte extérieure, pour avertir les femmes de sa venue pour se mettre à l’abri jusqu'à son passage, rester à l’intérieur de la maison ou y pénétrer de vive allure, voire se dissimuler quelque part.
                                             Cet appel était coutumier du matin au soir et affichait ce caractère solennel de moralité, de franc respect vers un entourage qui tient à cette tradition séculaire qui ne devrait être transgressée pour aucun motif, une règle admise, appliquée dans sa stricte rigueur dans un climat de confiance mutuelle au dessus des soupçons de suspicion, source de malentendu, de divergence sordide aux conséquences fâcheuses  où la vision ciblée vis-à-vis de la femme  soit elle de virilité innée , de machisme instinctif en tant qu’être si jaloux envers sa «  femelle » au prix d‘un sacrifice extrême chèrement hérité de nos préceptes religieux à défendre  biens et honneur par le sang jusqu’au martyre.                                                                                                                                                                                                          
                                           
                                             Ce n’est sans doute pas le cas certainement en ce paysage de cordialité, de convivialité entre tous senti, ressenti sans l’ombre d‘un doute sur les bonnes intentions de chacun vis-à-vis du voisin, partageant le même destin, unis dans le bonheur comme dans le malheur loin de préjugés outranciers d‘excès de doute, de suspicion supposée envers les autres mais la pratique devenue ainsi courante même en  ces temps où une fois sur la terrasse une voix se fait entendre pour prévenir et demander en quelque sorte la permission  d‘une intrusion momentanée en cet espace commun à dessein et juste le temps nécessaire.    
                                            Néanmoins les choses entachant les mœurs n’arrivaient que rarement surtout que la sacro sainteté de la cellule familiale était perçue sous tous ses aspects et par la même optique avec une forte unanimité où la probabilité était si minime face à une religiosité agissante à l’impact très fort perçue en une société encore gardant en elle ce conservatisme rigide et ce dés l’abord du sujet laissant découvrir ce profond sentiment à répugner l’acte d’adultère et d‘infidélité à fortiori lorsqu’il s‘agit d‘un voisin, aux hadits du SAINT PROPHETE explicites allant même à la parenté voire une assimilation proche à l’héritage dénotant l’importance du voisinage et des bienfaits en tant que ciment de la société dans son ensemble soudé, même pour les non musulmans.
                                           A l’entrée du haouch, une grande cour en cuvette sans exutoire vers l’extérieur où pendant la saison hivernale les eaux de pluie stagnent jusqu’à voir proliférer des bestioles de tous genres en ce milieu dont la rétention très lente en raison de la saturation du terrain, pour voir venir des oiseaux de tous les horizons et les poules de l’intérieur s’abreuver à satiété qui trouvaient bien au contraire tout le plaisir à mouiller leur plumage et se barboter dans cette eau trouble combien riche, abondante de nutriments très appréciés et de matières « alimentaires  » diverses et diversifiées à profusion, un garde manger de cour royale et pour une bonne période, sans se donner la peine d‘aller chercher ailleurs ce qui est disponible tout prés, sans gène apparemment pour une habitude saisonnière devenu un pli, d’une image au quotidien pour les voisins qui se sont initiés à un tel panorama en s’accommodant tant bien que mal des désagréments d’odeur, de vase, de boue sur un sol sans souffrance nullement en son état originel que quelques coups de balai de tiges asséchées de raphia suffisaient largement à lui rendre sa propreté hygiénique naturelle, loin de lavage à grands volumes d‘eau dosée et stérilisée de détergents et autres liquides de couleur, d’odeur et de senteur parfumée diverses certes, mais combien source de réactions gênantes nasales pour un odorat devenu très sensible, sans se lamenter outre mesure où trouver à rechigner comme s’il s‘agissait d’une partie de leur vécu collée à leur vie de tous les jours.
                                           Tout autour du périmètre interne du lot de ce simple «  quatre murs » en pierres avec un toit en tuiles en guise d’abri faisant office de « maison individuelle » sous laquelle coexiste l’ensemble de  la famille quelque soit le nombre  où chacun occupe l’endroit qui lui est imparti où la notion de répartition utilitaire de l’espace même réduit , insuffisant et contraignant  était tacite, implicite et s’appliquait sans la moindre contestation tant « l’exigüité était plutôt dans les cœurs » ce qui en perspective ne pouvait en ces temps poser la problématique du logement, l’individualisme et l’égoïsme ne trouvaient place dans cette « jouna et la largesse de la poitrine  » des gens où le chef de famille avait le pouvoir sur tout même sur le logis sans souci aucun pour le décence , pour le confort d’un chez soi de loin adapté et  conforme aux concepts d’urbanisme d’aujourd’hui, soucieux plutôt pour la cohésion de l’ensemble un et indivisible,  le progrès qui ne peut être arrêté viendra pour affirmer le contraire et dicter unilatéralement sa loi, et appliquer strictement ses exigences, mais…...
                                              Oncle BELKHEIR, SAADIA et YAMNA illustrait cette image de la famille avec deux épouses  « s’il vous plait » deux garçons, trois filles, en un ensemble hétérogène à priori, homogène en réalité dans une entente exemplaire qui fait défaut hélas pour ces monogames actuels, très attachés à l’unicité du partenaire, une place pour deux uniquement comme si cette fois ci et à l’inverse de l’adage  « la nature n’a plus horreur du vide »,comme si l’évolution matérielle du niveau social tant espérée et attendue avec impatience allait faire découvrir le vrai visage caché,  d’une face mystérieuse dissimulée sous un pseudo bien être  de leurre ,nocif, agressif, pour faire émerger tous les maux si ardus complexes, ambigus à pathologie multiples, à syndrome inconnu d’ordre psychologique en autres qui empoisonnent l’existence humaine en un environnement fragilisé devenu explosif et sujet à un climat propice au crime , à la drogue, source de divorce, de coupure, de rupture de dislocation et d’effritement de malheur en permanence tant redouté face à la non considération délibérée, de l’ignorance manifeste de l’héritage légué qui fut toujours ce pare danger de la mondanité barbare, anarchique, accélérée et difficilement maitrisable, la prétention et le sentiment dit rétrograde de s‘accrocher au passé révolu ou faire revenir les gens à la préhistoire ne manque pas de sympathisants à l’instar de ces adeptes de la civilisation et de son apport scientifique bienfaiteur et incontournable et dont la polémique de part et d’autre ne cesse  d’alimenter les chroniques de tous bords entre ceux au regard projeté vers l’avenir prometteur sans équivoque et ceux  dont le retour aux sources à l’identité et à l’orthodoxie anciennes, à nos repères primaires pourraient être salutaire, voire le remède miraculeux, une panacée et une prophylaxie adéquate et à moindres frais, le problème restera t’il toujours posé et en ces corollaires, un sujet d‘actualité passionnant et digne d’intérêt au large débat d’idées sur une conjoncture au contour encore indéfini.
                                    A coté se trouvait KADDA et RABIA, avec ses filles et sa grand-mère MIMOUNA, toujours à prodiguer conseils utiles pour le jeune homme fougueux, les nerfs à fleur de peau mais bien dans les limites de convenance, de respectabilité, toujours plaisant malgré ce caractère propre justifiant l’énergie potentielle emmagasinée pour affronter le gagne pain d’une tâche laborieuse sans choix, ni préférence, en somme une occupation  temporaire  le jour, le jour à dû à la suée maigrement rétribué  et c‘est toujours ça en fin de compte.
                                            ALI et FATNA, le rescapé  de la guerre de l’INDOCHINE, le revenant du bourbier vietnamien comme il plaisait à ces engagés volontaires envoyés chez ces petits hommes de race et de face jaunâtres à parler de ce séjour, pour combattre sous la bannière tricolore très loin de chez eux avec ces troupes de la métropole assiégées, battues dans une défaite humiliante, un affront sanglant au colonisateur, obligé de reconnaitre et de signer sa reddition à DIEN BIEN PHU.
                                             Au retour au bled, les jambes valides bien heureusement pour la suite au futur encore imprécis avec une canine en or d’une denture encore intacte avec ces traces brunâtres de tabac de «  troupe », de « brase » ,de  « bastos bleu  » sans filtre, dés son pied à terre , démobilisé et rendu à la vie civile, son esprit se trouve confronté à une réalité amère en son propre pays qui le laisse perplexe et secoué par le dilemme incompréhensible, lui qui a été sur le front à défendre une terre qui n’était pas la sienne sans honneur ni reconnaissance en échange de civisme factice exotique dénaturé vite terni et aussitôt oublié en dépit de la médaille de bravoure combien méritée sur le champ de l’horreur d’autrui, sur le veston d’un treillis de fripe à la senteur de la mousson de ces rizières de l’extrême orient.
                                           Le souffle patriotique s’éveille et réveille les âmes assoupies de ces baroudeurs, de ces tirailleurs aguerris d’AFRIQUE , pour les secouer de leur léthargie, leur faire découvrir le mensonge des trois devises sur tous les emblèmes , de cet hymne jadis rassembleur catalyseur des masses de métropole, arrachées au joug de la croix gammée, une liberté fêtée sur tout le vieux continent en regardant défiler, des fleurs à la main, remises avec de forts baisers de ces dames alignées en haie d’honneur, sur les joues des soldats des troupes de  l’hexagone aidées et encadrées par les alliés pour être tant bien que mal  « victorieuses » comme les autres, au premier rang par pudeur, parmi les vainqueurs, proscrite à l’évidence pour les indigènes appelés sous le même drapeau au même titre que leurs «  compatriotes » de l’autre rive acquise  à l’onéreux prix de larmes et de sang, aujourd’hui non concernés pour la jouissance et le recouvrement de leur souveraineté comme tout les peuples, un vœu pieux pour une destinée qui restera encore et pour des décennies  sous séquestre, sous surveillance épieuse  du calot et du képi, en ramassis de tribus et peuplades dans le besoin d’éducation, de civilisation encore mineures sans majorité ni maturité à prendre leur destin en main, l’appel des patriotes authentiques en réponse à l’ingratitude de l’occupant délibérée avouée ouvertement , telle une salve en ce ciel momentanément éclairci, sitôt en nuages obscurci par des évènements sans discontinuité de toute peine pour les corsaires à l’abordage de cette terre farouche et rebelle au conquérant, depuis SIDI FREIDJ jusqu’à cette nuit d’un automne fatidique à la croisée des chemins , où fut brisé le silence de la soumission, en droite ligne pour indiquer enfin le chemin de la gloire, la voie au sacrifice suprême parmi les frères de tous les confins qui avaient eu cette lucidité quant à l’issue déterminante et par les armes, par la rébellion généralisée, ayant pris la décision de l’affranchissement, de rejoindre le monts et vallées sans hésitation, ni atermoiement pétris de force, d’énergie, de conviction de justesse de la cause noble, de justice spoliée usurpée à sens unique, un front uni au dessus de tout et de tous.  
                                           ALI était parmi ceux là, laissant une compagne de fraiche et récente alliance, une fille en très bas âge et un beau frère BENYAHIA rapatrié de la KHAIMA, pour apprendre le SAINT CORAN, se soustraire à la besogne lassante de berger, se sédentariser enfin et pour de bon à tenter sa chance au village.    
                                           En balayant du regard le mur mitoyen avec l’habitation de LAKHDAR sur une longueur de vingt mètres environ, d’une surface libre sans bâti une succession de petits poulaillers utiles et utilitaires en appoint conséquent pour la bourse de subsistance des ménages au revenu assez réduit dont le ramassage de la production se faisait tous les matins à la levée du jour, après l’annonce du coq en chef de la basse cour en chant, du chantre d’orgueil et d‘ambition avant l’aube , fier de ses belles poulettes  toujours fécondes et productives dont leur générosité faisait procurer un gain substantiel de quelques sous, assez de quoi subvenir à certains achats prioritaires, acquis auprès des « maitres de l’école » décemment logés en ces blocs scolaires d’à côté qui appréciaient franchement « ces œufs arabes » pour la teneur et le goût spécifique de l’omelette.  
                                            Ensuite tante MAMMA avec son dernier mari BA KOUIDER, le poilu en retraite vieillissant ensemble après une vie arrivée à terme prés de la fin, passée chacun de son côté dans un autre bord , d’un amour terni mais encore vivace, de ces années de « fraise »,chacun respectueux du passé de l’autre sans progéniture , lui et elle recevant leur descendance dans une consolation d’essayer de garder ce lien avec le passé inoublié et meubler ce présent qui s’échappe de jour en jour dont la visite des proches apporte toujours le réconfort et la chaleur combien appréciés par ces âmes affaiblies et vulnérables sentant avec sentimentalité le moindre geste à leur égard .      
                                            La dernière demeure de KADDA et FATNA, un fils unique BACHIR d’une union qui n’a pas eu la chance d’avoir d’autres enfants, la profession de maçon apprise déjà dans son fief natal des KSOURS  trouvait toujours offre tant le marché était demandeur de ces artisans surtout ceux au talent connu et à la maitrise notoire sans conteste de l’art de bâtir, démontrés à travers les œuvres à leur actif dont certaines demeurent toujours dans ce tissu urbain, n’ayant subi que quelques réfections partielles sommaires gardant encore les traces du badigeon de la chaux teintée de couleur vive ce jaune et ce crème doux pour la vue, de plusieurs couches inaltérables pour un bon bout de temps à durée appréciable au tableau uni rompu par des traits de bon attrait de noir, de marron foncé , faisant la nette différence par rapport au look présent fardé par le maquillage des produits chimiques du peintre esthéticien au mélange subtil de concentré de teintes de toutes sortes ,de toutes compositions frisant la susceptibilité d’un ordinaire qui n’ a plus sa place en ce contexte étrange , mystique, étrange  en ces colorations artificielles  au vœu  d’un client sans connaissance en ce domaine dominé par ces professionnels toujours à la recherche du « meilleur et du beau séducteur » par une alchimie en métamorphose continuelle, par contre d’autres hélas ne figurent encore que dans les mémoires de ceux que la vente et le partage pour cause d‘héritage ont été contraint à  la rénovation systématique non sans amertume pour un patrimoine ayant fait cette particularité du  « filâge  » par rapport aux quartiers champignons avoisinants.

                                           De part de la proximité très rapprochée les uns aux autres, tout ce qui se cuisinait faisait le tour des voisins, un geste perçu comme un devoir, une obligation envers l’entourage de peur que l’on «  ait mal à son œil  » ou perturber les envies de grossesse de l’une d‘elles, ou à la limite tout au moins chatouiller le bout de la langue par un mets ayant excité les papilles gustatives de l’ensemble sans en avoir pris une cuillère ou avaler au moins une gorgée.
                                        Dire que les ustensiles utilisés dans cet art culinaire, au cordon bleu unique en son genre étaient somme toute rudimentaires avec au plus, une marmite, une louche, une casserole quelques cuillères, une gassâa , la série de tamis, des tbags et couscoussier en alfa et le majmar , la cheminée, le réchaud à pétrole, pour cuire et s’échauffer tout autour , une bouilloire, une théière, une cafetière, une maida et le marfâa, un chef d’œuvre de menuisier  au doigté manuel ingénieux ,bien fixé au mur du haut de son piédestal dominant, au style varié peint de diverses couleurs sautant aux yeux du visiteur et meublé délicatement de main de connaisseur de couvert, de verres assortis de gamme du dernier cri de chez le marchand de porcelaine du mercredi le jour du souk de la bouche des celles qui ne manquent jamais le rendez de la semaine , aux fraiches informations des HAMMAM BALI , de OULED ZIANE, d’EL BALI, de NILOU, après, donnant une certaine appréciation, voire un préjugé sur la maitresse des lieux et ses choix préférentiels, ses goûts et sa touche personnelle à donner charme et attirance par ce fin décor de ce peu de choses délicatement et ingénieusement mis en ensemble à agrémenter, donner beauté et embellissement à un réduit nu, dénudé de quelques mètres carrés de surface  simple, naturel par ces matériaux du terroir qui avaient longtemps assuré le gite pour les générations toutes satisfaites de la demeure,  du toit, avec juste  des fois ou pas dans la plupart du temps, de quoi subvenir le lendemain , sans inquiétude ni état d’âme , le cœur vaillant et l’âme tranquille, chaque jour avec son «REZK » par le SEIGNEUR qui en est jusqu’aux dernières bouchées et bouffées, le seul et l’unique garant pour toute l’humanité.
                                        C’étaient des HAOUCH qui avaient fait leur temps, comme leurs occupants s’identifiant l’un à l’autre dans la joie, le bonheur, les déboires le désespoir en ce petit village sobre, morne de paysage en apparence mais de résidence calme, vivace, active qu’une pensée subite jaillit de l’oubli  en ce reflexe qu’une sensation de nostalgie évoque avec sensibilité profonde, extériorisée tant le sentiment est fort en résurgence immédiate inattendue, d’une des périodes de jadis, en images gardée fidèlement en une mémoire toujours disponible, sincère à l’authenticité des faits, prête à s’ouvrir à tout instant , à libérer ces souvenirs d‘une séquence vécue en passion en sensation , pleine d’événements très touchants, affectueux par ceux dont le passé pénible mais apprécié a fait et fera toujours partie intégrante de ce répertoire de leur jeunesse.
                                     







      La date/heure actuelle est Lun 20 Nov - 2:10